Ouvrir un cabinet médical en Algérie
Avant le premier patient, quatre démarches : l'inscription au tableau de l'ordre, l'autorisation d'exercer, demandée à la Direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya, l'affiliation à la CASNOS et la déclaration aux impôts. La convention avec la CNAS, pour le tiers payant Chifa, se signe ensuite si vous le souhaitez.
Mis à jour le 30 octobre 2026 · L'équipe Kalma
Ce que dit la loi
Le texte de base est la loi n° 18-11 du 2 juillet 2018 relative à la santé. Elle prévoit trois façons d'exercer une profession de santé : fonctionnaire, contractuel, ou à titre libéral (article 167).
Pour exercer, elle pose des conditions personnelles : la nationalité algérienne, un diplôme algérien ou reconnu équivalent, la jouissance des droits civiques, l'absence de condamnation incompatible avec la profession, et l'aptitude physique et mentale. Elle ajoute une obligation : s'inscrire au tableau de l'ordre de sa profession (article 166).
L'exercice privé se fait notamment dans des « structures d'exercice individuel » ou des « structures d'exercice de groupe » (article 308). L'ouverture, le transfert ou la fermeture d'une structure privée de santé sont soumis à l'autorisation du ministre chargé de la santé (article 307), et ces structures doivent respecter les conditions techniques d'installation fixées par le ministre (article 306).
La déontologie, elle, relève du code de déontologie médicale (décret exécutif n° 92-276 du 6 juillet 1992).
Les démarches, dans l'ordre
- L'inscription à l'ordre
Au tableau de la section ordinale de votre profession : médecins ou chirurgiens-dentistes. La loi la rend obligatoire, et l'attestation d'inscription vous sera demandée ensuite, notamment par la CNAS.
- Le local
Avant de signer un bail, demandez à la DSP le texte qui fixe les conditions techniques d'installation pour votre spécialité : surface, pièces, eau, déchets de soins. Les guides pratiques citent des surfaces indicatives, mais aucune n'est confirmée par un texte que nous ayons trouvé.
- L'autorisation d'exercice
Le dossier se dépose à la DSP de la wilaya où vous vous installez, qui instruit la demande ; l'autorisation prend la forme d'une décision. La liste des pièces, les délais, et le niveau de décision pour certaines spécialités sont à vérifier auprès de la DSP de votre wilaya. Pour les spécialistes, les guides pratiques signalent que l'attestation de fin de service civil est exigée.
- La CASNOS et la CNAS
Le praticien installé à titre libéral cotise à la CASNOS pour lui-même. S'il emploie une secrétaire ou une assistante, les cotisations de ce personnel vont à la CNAS.
- Les impôts
Le cabinet relève des activités non commerciales. Le régime fiscal des professions libérales a changé plusieurs fois depuis 2020 : forfait (IFU), puis régime simplifié ou réel selon les années. Avant d'ouvrir, faites le point avec le centre des impôts de votre wilaya ou un comptable sur le numéro d'identification fiscale et les déclarations qui vous concernent.
- La convention CNAS, si vous la voulez
Elle permet au patient assuré de ne pas avancer les frais. Elle se signe une fois le cabinet autorisé : voir la section suivante.
La convention CNAS et le tiers payant Chifa
Le décret exécutif n° 09-116 du 7 avril 2009 fixe deux conventions-types entre les organismes de sécurité sociale et les praticiens exerçant à titre privé : l'une pour le généraliste, l'autre pour le spécialiste. Le praticien conventionné y est désigné comme « médecin traitant », pour le bénéfice du tiers payant.
Pour signer, le texte demande trois pièces : une copie de l'autorisation d'exercice délivrée par les services du ministère de la santé, une attestation de cotisations à jour (CASNOS pour le praticien, CNAS pour son personnel), et l'attestation d'inscription au tableau de l'ordre.
En contrepartie, le médecin traitant tient un dossier médical pour chaque patient suivi, et établit des factures électroniques signées avec sa clé de professionnel de santé et la carte électronique de l'assuré, la carte Chifa.
Le texte de 2009 visait les titulaires de pensions et d'allocations de retraite et leurs ayants droit, avec des honoraires fixés par la convention. Le champ et les tarifs ont pu évoluer depuis : demandez la convention en vigueur à l'agence CNAS de votre wilaya.
Équiper et organiser le cabinet
Une fois les autorisations en main, le travail du comptoir commence le premier jour. Quatre choses à décider avant d'ouvrir la porte.
- L'agenda
Un agenda par praticien, et une place pour les patients venus sans rendez-vous. Sur papier, il ne se partage qu'à un endroit à la fois.
- Le dossier
Un dossier par patient, que le médecin traitant conventionné est d'ailleurs tenu de tenir à jour. Décidez dès l'ouverture où il vit et qui peut le lire.
- La caisse
Une facture par consultation, ou un soin réglé en plusieurs versements avec un reçu à chacun. Décidez aussi qui encaisse, et qui voit les totaux.
- Le logiciel
En ligne ou installé, le choix pèse sur le matériel, les sauvegardes et le budget : en ligne ou installé au cabinet, puis ce que coûte un cabinet informatisé.
- Ce que fait Kalma
Kalma s'ouvre dans le navigateur : rien à installer au comptoir ni dans les salles de consultation. Chaque praticien a son agenda, avec la liste des patients venus sans rendez-vous. La facturation est comprise : facture par consultation ou soin en plusieurs versements, reçus, reste à payer, numérotation sans trou. Par défaut, la secrétaire encaisse sans voir les totaux. Kalma n'établit pas les factures électroniques de la convention CNAS. Voir l'offre et le parcours d'une journée.
Questions fréquentes
Qui autorise l'ouverture d'un cabinet médical en Algérie ?
La loi 18-11 relative à la santé soumet l'ouverture d'une structure privée de santé à l'autorisation du ministre chargé de la santé. Le dossier se dépose à la Direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya. Le niveau de décision peut dépendre de la spécialité : vérifiez-le auprès de votre DSP.
Faut-il être inscrit à l'ordre avant de déposer le dossier ?
La loi 18-11 oblige tout professionnel de santé à s'inscrire au tableau de l'ordre de sa profession. La convention-type CNAS de 2009 demande, elle aussi, l'attestation d'inscription. Commencez donc par l'ordre.
La convention avec la CNAS est-elle obligatoire ?
C'est un contrat entre le praticien et la caisse, pour pratiquer le tiers payant. Le texte de 2009 ne la présente pas comme une condition d'ouverture. Elle demande l'autorisation d'exercice, l'inscription à l'ordre et des cotisations à jour.
À quelle caisse cotise un médecin installé à titre libéral ?
À la CASNOS pour lui-même : la caisse rappelle que les professions libérales, comme les médecins, y sont affiliées. Pour le personnel salarié du cabinet, les cotisations vont à la CNAS.
Sources
Les démarches changent : vérifiez-les auprès de la DSP et de l'ordre de votre wilaya avant de déposer votre dossier.
- Journal officiel n° 46 du 29 juillet 2018 : loi n° 18-11 relative à la santé, articles 166, 167, 306, 307, 308 et 349.
- Journal officiel n° 23 du 19 avril 2009 : décret exécutif n° 09-116 fixant les conventions-types entre les organismes de sécurité sociale et les praticiens médicaux.
- Journal officiel n° 52 du 8 juillet 1992 : décret exécutif n° 92-276 portant code de déontologie médicale.
- Algérie360, 7 avril 2025 : communiqué de la CASNOS sur l'affiliation obligatoire des professions libérales.
- Algérie360, 2 février 2020 et TSA, 2022 : régime fiscal des professions libérales.
- Zoom Algérie : guide pratique non officiel, consulté pour le dépôt à la DSP et le service civil des spécialistes.
Sources consultées le 30 octobre 2026. Ce guide informe ; il ne remplace ni la DSP, ni l'ordre, ni un comptable.